22 novembre 2005

Exemple concrêt d'implantation d'un SIG au sein d'une entreprise

L'année 2003 a été une période charnière pour Outiror. Ce spécialiste de la vente de matériel de jardinage et de bricolage sur les marchés a entamé la refonte de son système d'information, afin de simplifier l'organisation des tournées de ses quatre-vingts camions « points de vente » . Simple en apparence, le concept de vente itinérante nécessite une planification rigoureuse, car chaque tournée dépend d'un enchaînement d'actions coordonnées.

Des temps de planification divisés par 4 :

Il faut d'abord, avec un outil de géomarketing, cibler les villes en fonction de leur taille et de leur potentiel commercial, puis respecter les fréquences de passage afin de ne pas trop solliciter les clients. Ces derniers, peu avant le marché, doivent recevoir dans leurs boîtes aux lettres l'un des six catalogues produits. Au regard de la législation, Outiror doit solliciter auprès des mairies une autorisation de présence sur le marché, puis, une fois sur place, respecter les règlements municipaux. À tout cela s'ajoute la gestion des camions. Ceux-ci doivent être placés le plus près possible des villes visitées afin d'être à l'heure, et ce, bien sûr, en respectant les obligations du code de la route et du travail qui fixent notamment les temps de repos des vendeurs et les interdictions de se déplacer durant le week-end. « Il fallait environ six mois et l'intervention de dix personnes pour coordonner étroitement ces paramètres, se souvient Alain Mas, directeur de l'organisation et des systèmes d'information d'Outiror. Il nous était difficile de réagir rapidement aux nombreux aléas d'une tournée. Nous avons donc décidé de moderniser toute notre organisation. »

Repenser le processus métier :

Début 2003, Outiror, après avoir passé en revue plusieurs solutions, opte pour celle d'Inovia, un éditeur français spécialisé dans les solutions pour le transport et la logistique. Outiror adopte ainsi deux logiciels : Optimal Secto, un outil de géomarketing, et Optimal Route, pour planifier les tournées. À l'aide du premier, la société a défini très précisément ses objectifs commerciaux, avec un découpage géographique couvrant la France entière. Optimal Secto fournit, entre autres, le chiffre d'affaires réalisé dans chaque ville visitée et en déduit les objectifs à atteindre. Optimal Route, quant à lui, planifie les tournées en fonction des exigences du terrain. Le moteur de gestion des contraintes repose sur une technologie issue de l'intelligence artificielle. Pour Outiror, il prend en considération une vingtaine de paramètres et propose des scénarii, qui, une fois validés par la direction, peuvent entrer en production. « Nos tournées sont maintenant adaptées au plus près des objectifs, explique Alain Mas. Tout le travail de planification s'effectue en quelques jours, et les équipes, qui se sont approprié l'outil assez rapidement, sont désormais tournées vers l'analyse géomarketing et la prospection commerciale. » Techniquement, la solution d'Inovia exploite une base de données, (SQL Server chez Outiror), qui contient, outre les descriptifs des contraintes, tous les paramètres liés aux tournées, des chiffres d'affaires réalisés dans chaque ville aux caractéristiques techniques des véhicules. La base archive également chaque scénario et trajet élaborés par le moteur de contraintes. À l'écran, les résultats fournis par le moteur sont intégrés dans le SIG (système d'information géographique) d'Outiror. L'itinéraire des tournées est visualisé sur un fond de carte, où figurent également les informations financières. La mise en place du système s'est effectuée rapidement, de façon à respecter les délais d'envoi des autorisations aux mairies. Et l'intégration du moteur de contraintes avec le SIG n'a posé aucun problème. « Nous avons toujours utilisé des cartes, papier à l'origine, puis un SIG, se souvient Alain Mas. Nous avions aussi le choix entre utiliser un SGBD de données SIG existant ou en développer un nouveau, dédié au moteur de contraintes. Nous avons choisi cette dernière option pour partir sur des bases saines. Inovia nous a fourni un connecteur idoine. La seule difficulté a consisté à modéliser notre métier de façon à programmer le moteur de contraintes. Nous avons été accompagnés par Inovia à qui nous avons expliqué toutes les facettes de notre métier. Tout cela nous a demandé un peu de temps, environ quatre ou cinq mois, mais nous a permis d'assainir et de rénover plusieurs de nos processus métier. » Dès février 2004, le système était totalement opérationnel et comprenait plusieurs aspects : simulation de tournées, gestion des aléas, pilotage et analyse (suivi des performances commerciales et analyse de rendement sur les zones de chalandise où sont distribués les catalogues).

Des itinéraires bientot transmis par GPRS :

Sur le terrain, les informations de tournées parviennent aux chauffeurs-vendeurs sous la forme de documents papier, obligeant ces derniers à venir régulièrement au siège de la société à Saint-Cyr-sur-Loire, dans la banlieue de Tours. Dans un proche avenir, les trajets seront transmis aux conducteurs par liaison GPRS, comme c'est déjà le cas aujourd'hui pour certaines données commerciales qui sont injectées à distance dans l'application front office présente sur le PC de chaque camion. Côté coûts, le nouveau système a été très vite rentabilisé. « C'est une technologie onéreuse, reconnaît Alain Mas. Le projet, logiciels et prestations accomplis par l'éditeur d'Optimal Secto et Optimal Route, nous est revenu à 380 000 euros environ. Mais cet investissement demeure peu élevé compte tenu des résultats obtenus. Le retour sur investissement a été obtenu en environ un an. »

Source : Olivier Bibard ,Décision informatique, le 31/01/2005

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